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Jardinage

Dosage de bouillie bordelaise pour 1 litre : 6 à 20 g selon la culture et le moment

Maëlle Kerhervé 7 min de lecture
Dosage bouillie bordelaise pour 1 litre : 6 à 20 g, mesure de poudre et pulvérisateur

Publié par : — Rédactrice spécialisée en jardinage

Pour préparer 1 litre de bouillie bordelaise, comptez généralement 6 à 20 g de poudre, selon la plante, la maladie visée et la concentration indiquée par le fabricant. Pour les tomates et les pommes de terre, 6 g par litre constituent un repère courant. Les arbres fruitiers et l’olivier demandent parfois une préparation plus concentrée. Une dose plus élevée ne protège pas mieux : le surdosage peut brûler le feuillage et favoriser l’accumulation du cuivre dans le sol.

Les repères de dosage pour 1 litre d’eau

La bouillie bordelaise associe du sulfate de cuivre et de la chaux éteinte. Les poudres vendues dans le commerce n’ont pas toutes la même teneur en cuivre. L’étiquette du produit reste donc la référence à suivre. Les quantités ci-dessous donnent des repères pratiques lorsque l’usage est prévu pour la culture concernée.

Culture ou usage Dosage indicatif pour 1 litre Objectif préventif
Tomates et pommes de terre 6 g Limiter le mildiou avant une période favorable à la maladie
Salades et légumes sensibles 6 à 12,5 g Protéger un feuillage sain sans le surcharger
Arbres fruitiers 12,5 à 20 g Prévenir notamment la tavelure et les maladies du feuillage
Pêcher 15 à 20 g Intervenir avant le débourrement contre la cloque
Olivier 20 g Prévenir l’œil de paon et certaines maladies cryptogamiques

Ces écarts expliquent pourquoi il n’existe pas de dosage universel. Une préparation à 20 g par litre peut convenir à un arbre dormant si la notice l’autorise, mais elle serait excessive sur de jeunes feuilles de tomate. À l’inverse, une dose faible appliquée au mauvais moment ne compensera pas une forte pression fongique.

Convertir sans se tromper de volume

Le calcul consiste à multiplier la dose par litre par le volume d’eau réellement préparé. Avec un dosage de 6 g par litre, un pulvérisateur de 5 litres demande 30 g de poudre. Pour une dose de 12,5 g par litre, il faut 25 g pour 2 litres. Pesez la poudre avec précision plutôt qu’avec une mesure approximative.

Préparez seulement la quantité utilisable dans la journée. La suspension perd son homogénéité lorsqu’elle repose et ne se conserve pas comme un produit prêt à l’emploi. Si le mélange a décanté, le dosage pulvérisé ne sera plus régulier d’un passage à l’autre.

Une action préventive, pas un remède pour une plante déjà atteinte

Le cuivre reste à la surface des végétaux. Il forme une barrière qui freine la germination des spores de champignons. La bouillie bordelaise est donc principalement préventive. Elle est utilisée contre le mildiou des tomates et des pommes de terre, la tavelure, la cloque du pêcher, la cercosporiose, la fumagine et l’œil de paon de l’olivier.

Lorsque les taches sont largement installées, le produit ne répare ni les feuilles nécrosées ni les fruits touchés. Retirez les parties fortement malades et évacuez-les hors du compost domestique. Améliorez aussi les conditions de culture : espacez les plants, arrosez au pied, aérez la serre et supprimez les feuilles qui touchent le sol. La pulvérisation protège alors surtout les tissus encore sains.

Observer l’ombre portée avant de traiter

Une plante qui sèche lentement est davantage exposée qu’une plante placée dans un courant d’air doux et recevant le soleil du matin. L’ombre d’un mur, d’une haie ou d’un rang voisin crée une zone fraîche où la rosée persiste, où les éclaboussures stagnent et où le microclimat favorise les spores.

Avant d’augmenter la dose, repérez ces poches d’humidité. Tailler légèrement ce qui bloque l’air, tuteurer les tomates et arroser au pied peuvent réduire la pression fongique plus efficacement qu’un passage supplémentaire de cuivre. Le bon dosage ne remplace pas une implantation suffisamment aérée.

Préparer une suspension homogène en quelques gestes

Utilisez un seau propre en plastique, un doseur précis, de l’eau et un pulvérisateur bien rincé. Portez des gants, des vêtements couvrants et une protection adaptée pour éviter le contact avec la poudre ou les projections. Évitez les récipients métalliques, car le mélange peut être corrosif.

  1. Versez d’abord la moitié du volume d’eau nécessaire dans le seau.
  2. Ajoutez progressivement la quantité de poudre pesée tout en remuant.
  3. Mélangez jusqu’à obtenir une suspension sans amas visibles, puis complétez avec le reste de l’eau.
  4. Transvasez dans le pulvérisateur en remuant encore, fermez-le et agitez régulièrement pendant l’application.

Ne versez pas la poudre directement dans un pulvérisateur presque plein. Elle peut former des grumeaux et obstruer la buse. Une suspension homogène est indispensable : un dépôt au fond signifie que la première partie de la pulvérisation sera sous-dosée et la dernière trop concentrée.

Un peu de savon noir est parfois utilisé comme agent mouillant, mais ajoutez-le uniquement si la notice de votre produit l’autorise explicitement. Ne mélangez pas d’autres produits au hasard. Après la préparation, rincez le matériel selon les précautions indiquées sur l’emballage.

Le bon moment et la bonne méthode de pulvérisation

Traitez par temps sec, sans vent et hors plein soleil. Une température modérée, entre 9 °C et 25 °C, limite les risques de stress pour la plante et améliore le confort d’application. Évitez un feuillage déjà humide, les périodes de gel, les fortes chaleurs et une pluie imminente. Le lessivage emporterait une partie du dépôt protecteur.

Viser les zones réellement exposées

Réglez la buse pour produire un brouillard fin et régulier, sans faire couler le liquide. Couvrez les tiges, les faces supérieures des feuilles et, lorsque cela est accessible, le dessous des feuilles. Cette zone conserve souvent l’humidité plus longtemps. Inutile de détremper la plante : une couverture uniforme vaut mieux qu’un ruissellement bleu sur le sol.

Au potager, intervenez avant les périodes durablement pluvieuses lorsque le mildiou est redouté. Au verger, les passages se raisonnent souvent après la taille, puis aux périodes sensibles du cycle végétatif. Pour le pêcher, le moment précédant le débourrement est particulièrement important.

Si la pluie survient peu après le traitement, vérifiez la notice avant de décider d’un nouveau passage. Les applications successives doivent être espacées, souvent de 10 à 15 jours ou de deux semaines selon le produit et la culture. Respectez toujours le nombre maximal d’applications indiqué sur l’étiquette.

Préserver les plantes, le sol et votre sécurité

Le cuivre est utile à faible dose, mais il disparaît difficilement du sol. Il peut s’y accumuler et affecter son équilibre vivant. Une limite souvent évoquée est de 4 g de cuivre par an pour 10 m², soit environ 20 à 30 g de poudre bleue au total selon la teneur du produit.

Cette donnée doit être rapprochée de la composition exacte figurant sur l’emballage, car la quantité de cuivre pur varie d’une formulation à l’autre. Ne vous contentez donc pas de compter les grammes de poudre : vérifiez la teneur en cuivre et additionnez les apports réalisés au cours de l’année.

  • Ne traitez pas une plante affaiblie, assoiffée ou déjà brûlée par le soleil.
  • Respectez le nombre maximal d’applications indiqué sur l’étiquette.
  • Ne pulvérisez pas à proximité immédiate d’un point d’eau ni sur les fleurs visitées par les pollinisateurs.
  • Rincez soigneusement le matériel après usage, sans vider les eaux de rinçage dans une évacuation ou un cours d’eau.
  • Conservez la poudre fermée, au sec, hors de portée des enfants et des animaux.

Des feuilles qui se crispent, brunissent sur les bords ou présentent des marques après le traitement peuvent signaler une phytotoxicité. Dans ce cas, arrêtez les applications, arrosez normalement au pied si le sol est sec et laissez la plante produire de nouvelles feuilles.

Le meilleur dosage de bouillie bordelaise pour 1 litre n’est pas le plus élevé. C’est celui qui correspond à la culture, au stade de la plante et au moment d’application. Un usage précis protège les tissus sains tout en limitant les apports inutiles de cuivre dans le sol.

Maëlle Kerhervé
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